Sarkozy pousse l’idée de fonds souverains et d’un gouvernement économique européens pour éviter de plonger à nouveau dans une telle crise à l’avenir.
Il y a eu la Géorgie et la crise financière. Nicolas Sarkozy voudrait désormais que l’Union « apporte la même réponse unie » à la crise économique dans laquelle elle est déjà plongée. Un objectif encore plus ambitieux. « Il ne faut pas que nos citoyens se réveillent demain en constatant que nos entreprises ont été acquises à vils prix par des capitaux étrangers », a expliqué, hier, devant le Parlement européen à Strasbourg, le chef de l’Etat, qui préside l’Union jusqu’à la fin de l’année.
Après avoir constaté que cette crise « est bien là », il a proposé deux initiatives pour l’affronter : la création de fonds souverains nationaux qui pourraient se coordonner pour soutenir certains secteurs de l’industrie et la mise en place d’un « gouvernement économique européen ». Deux initiatives traditionnellement chères à la France, mais qui ont été accueillies sans véritable enthousiasme par les orateurs qui se sont succédé à la tribune de l’assemblée, au premier rang desquels le président de la Commission, José Manuel Barroso. Les dirigeants allemands sont même ouvertement contre. «La proposition française de protéger l’industrie européenne contre une reprise par des fonds d’Etat étrangers grâce à des participations étatiques contredit tous les principes d’une politique économique couronnée de succès», estime Michael Glos, le ministre allemand de l’Economie, dans une interview au quotidien allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) », publiée aujourd’hui.
Secteurs industriels menacés
« Ces fonds permettraient de profiter d’un argent qui n’est pas cher pour acquérir des actifs stratégiques dépréciés, le temps que la crise passe, avant de les remettre sur le marché », a, lui, plaidé le chef d’Etat à Strasbourg. Il a ajouté que, sans remettre en cause les règles de la concurrence, les Vingt-Sept « doivent s’assurer que l’Europe continuera à construire des navires, des trains et des automobiles ». Une manière de remettre sur la table l’idée de soutenir les secteurs industriels les plus menacés par la concurrence internationale, au premier rang desquels l’automobile. Mais de nombreux Etats membres n’y sont guère favorables alors que d’autres, comme l’Allemagne, pourraient seulement accepter des aides ciblées, par exemple pour produire des voitures plus vertes (lire page 8).
La seconde idée évoquée par Nicolas Sarkozy semble faire son chemin. « Il n’est pas possible que la zone euro continue à fonctionner sans gouvernement économique clairement identifié », a-t-il répété. Et de citer le succès du Sommet des dirigeants de la zone euro qu’il avait organisé à Paris pour adopter d’abord à quinze le plan de sauvetage des banques, entériné plus tard à vingt-sept à Bruxelles. Le président actuel de l’Union a confirmé qu’il pourrait renouveler l’exercice pour préparer, notamment, le Sommet mondial qui devrait se tenir en novembre aux Etats-Unis dans le but de réformer les accords de Bretton Woods.
Le président de la République a, enfin, exhorté ses partenaires à accepter en décembre les objectifs et le calendrier dont l’Europe s’est dotée pour lutter contre le réchauffement climatique. « Il serait dramatique et irresponsable de renoncer à ces engagements en raison de la crise financière. » Il a cependant ajouté qu’il pourrait octroyer « un peu de flexibilité » aux pays qui utilisent largement le charbon dans leur production énergétique.
Source: Les échos.
Avis du guide du rachat de crédit:
Nicolas Sarkozy souhaite une europe plus forte pour éviter une déroute prochaine.
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