Baisser le coût du crédit

Voici l’analyse de Jean-Pierre Robin, chroniqueur économique au Figaro, au sujet des mesures prises contre la crise financière et de la nécessité de baisser le coût du crédit rapidement.


Il faut sauver le soldat «grippe-sou», si l’on peut se permettre d’appeler ainsi nos banquiers. Avec une belle unanimité, les gouvernements européens s’apprêtent à débloquer jusqu’à 2000 milliards d’euros, s’il le faut, pour remettre leurs systèmes bancaires en état de marche. Voilà qui est bel et bon, car c’est un préalable indispensable pour que l’économie n’implose pas. Mais pour conclure un crédit, il faut être deux, un prêteur et un emprunteur. Est-on bien sûr que le prix de l’argent est suffisamment bon marché pour que les ménages et les entreprises se lancent dans de nouveaux projets ?

En France, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, l’a répété à satiété ces deux derniers jours : les 10,5 milliards d’euros mis à la disposition des six premiers groupes nationaux «n’ont pas pour objectif (de) recapitaliser les banques» . Il s’agit simplement de leur permettre d’accroître leur distribution de crédits. On veut à Paris se démarquer à tout prix de ce qui a été fait quelques jours plus tôt au Royaume-Uni. Le programme de recapitalisation des trois plus grandes banques britanniques vise en effet à porter à 9 % leur ratio de solvabilité (le rapport de leurs fonds propres à la masse de leur crédit). Cela pour qu’elles inspirent confiance sur les marchés.

Pourquoi pas. Sauf qu’en décidant d’améliorer d’un point les exigences de fonds propres (par rapport à la norme internationale de 8 % édictée par le comité de Bâle), on est conduit à renchérir le coût de crédit : plus l’établissement financier devra mobiliser de capital pour faire des prêts et plus ces derniers devront être chers. Le gouvernement britannique, en décidant seul de surenchérir sur cette norme, subventionne ses banques commerciales. Plus grave, il pousse leurs concurrentes des autres pays à s’aligner peu ou prou. Et comme tout secteur subventionné – que l’on songe à l’agriculture – les prix pratiqués à la clientèle s’en trouvent relevés d’autant. «En d’autres temps, la Cour de justice européenne aurait mis le holà», ironise-t-on de ce côté de la Manche !

Pour leur part, les banques centrales ne seraient-elles pas bien avisées de compenser ce surcoût en allégeant leurs conditions de refinancement aux banques ? Autrement dit leurs taux directeurs, que la Banque centrale européenne a déjà ramené de 4,25 % à 3,75 % le 8 octobre. Lorsque l’on discute de ce problème avec un banquier central, sa réponse est de distinguer les questions prudentielles (les ratios de solvabilité) de la politique monétaire proprement dite. Celle-ci a pour objet de maîtriser le crédit en en fixant indirectement le prix à travers ses propres taux directeurs. Dans la réalité, les banques seront amenées également à se montrer plus ou moins restrictives en fonction de leurs exigences de fonds propres.

À l’évidence, c’est bien ce qui se passe actuellement. Les statistiques établies par la Banque de France manifestent une baisse de régime très forte dans l’Hexagone. Les encours de crédits au secteur privé en France, soit 1845 milliards d’euros, ne progressaient plus que 10,2 % (sur un an) à la fin août, alors qu’ils augmentaient à un rythme de 14,3 % en début d’année. La décélération est encore plus marquée pour ce qui concerne le financement des ménages dont les crédits ne dépassent que de 8,3 % leur niveau de l’été 2007. Cette décélération des encours signifie en réalité un recul absolu des nouveaux crédits : la masse des prêts immobiliers aux particuliers a chuté de 26,3 % au troisième trimestre 2008 (par rapport à 2007), selon l’enquête de l’Observatoire Crédit Logement publiée hier. Une telle chute s’explique aussi par la perte de solvabilité des ménages, liée en partie à la cherté des taux d’intérêt. «Nous n’avons pas resserré nos conditions de prêts à l’habitat, mais on trouve de moins en moins de gens capables d’y répondre», souligne-t-on dans une grande maison de la place.

Ce cercle vicieux, où les banquiers et leurs clients se fragilisent mutuellement, est mortifère. Ne convient-il pas d’y remédier par tous les moyens ? La balle est dans le camp de la BCE.

Source: Lefigaro

Avis du guide du rachat credit:
Cet analyste a parfaitement raison, les efforts conssentis sont importants mais pas suffisdant, et le coût du crédit doit baisser pour permettre à un maximum.

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