L’accès au crédit aux USA restera difficile malgré le plan du gouvernement US.
L’accès au crédit aux Etats-Unis restera difficile longtemps encore malgré le plan gouvernemental de 700 milliards de dollars destiné à remettre les banques sur pied, estiment les spécialistes.<.p>
« L’une des inconnues tient au temps qu’il faudra aux banques pour assainir leurs bilans, lever du capital et recommencer à prêter », explique Bernard Baumohl, économiste monde chez Economic Outlook.
Il estime que « cela pourrait prendre un an » et que les conditions de crédit ne pourraient donc commencer à s’améliorer qu’au second semestre 2009.
Après les années de crédit facile qui ont favorisé notamment le boom immobilier, la crise financière qui a démarré à l’été 2007 a touché les sociétés quand les banques ont commencé à se montrer plus strictes sur les conditions de crédit. Ces difficultés se sont ajoutées à la morosité de la consommation.
« Beaucoup de sociétés souffrent d’une baisse de la liquidité, d’une baisse de leurs ventes en raison du marasme économique et de la consommation, plus d’une baisse de leurs profits », résume George Cloutier, directeur général d’American Management Services, un consultant pour les PME.
« Nous parlons à 500 petites entreprises par semaine et la grande majorité dit que les choses s’aggravent. »
Les grandes entreprises dont la dette arrive à échéance cette année et l’an prochain vont devoir payer des intérêts plus élevés pour se refinancer, alors même que le nombre de banques prêteuses aura diminué.
Les banques qui auront réchappé à la crise vont dominer le marché, souligne Andrew Feltus, gérant de fonds chez Pioneer Investments à Boston, qui s’exprimait lors d’une conférence de Reuters. « C’est bon pour elles, pas bon pour les emprunteurs et pas bon pour l’économie en général », a-t-il déclaré.
Il est déjà plus difficile d’obtenir un prêt. Selon l’enquête trimestrielle de la Réserve fédérale auprès du secteur du crédit publiée en juillet, 58% des personnes interrogées disaient avoir resserré les normes de prêt pour les grandes et les moyennes entreprises. En avril, il étaient 55% à répondre affirmativement à cette question.
Et 65% disent avoir aussi resserré les conditions pour les PME, contre 52% trois mois plus tôt.
BOOM DES FAILLITES
Selon la société AACER, qui collecte et diffuse des données sur les faillites, il y a eu 40.000 dépôts de bilan sur la période janvier-août, contre 43.000 pour l’ensemble de 2007 et 30.000 pour 2006.
« Il y aura encore beaucoup de faillites d’ici la fin 2008 et aussi en 2009″, a déclaré le président de l’AACER, Mike Bickford. « La faible disponibilité de crédit a commencé à avoir des conséquences sur les emprunteurs commerciaux. »
Et ce n’est pas le plan de sauvetage du gouvernement qui va permettre de réinjecter rapidement des liquidités dans les sociétés.
« Ceux qui croient que nous sommes parvenus, en une journée, à passer d’un contexte déflationniste à un contexte inflationniste en raison d’une création supplémentaire de dette de la part de l’Etat ne tiennent pas compte de la contraction du crédit dans le secteur privé », écrit à ses clients David Rosenberg, économiste chez Merrill Lynch. « La Fed et le Trésor ne font qu’amortir les forces de déflation massives à l’oeuvre dans le système financier. »
Le rendement supplémentaire exigé par les investisseurs pour détenir des obligations risquées est ainsi monté le 18 septembre à un record de 983 points de base au-dessus du rendement des emprunts du Trésor, signe d’une détérioration de la confiance.
Un montant de l’ordre de 173 milliards de dollars de dettes obligataires doit arriver à échéance cette année et 500 milliards en 2009, selon les chiffres de Morgan Stanley.
Les prêts eux-mêmes vont être difficiles à obtenir pour certaines petites entreprises, grosses pourvoyeuses d’emplois aux Etats-Unis. Selon les chiffres officiels, les Etats-Unis comptaient 112 millions de salariés en 2002, dont environ la moitié dans des entreprise de moins de 500 personnes.
Dan Lovejoy, qui dirige PC911, une PME de services informatiques à Hawaii, raconte que ses amis d’une banque locale lui ont conseillé de ne pas même tenter d’obtenir un prêt bancaire dans les conditions actuelles. Ses clients lui ont dit avoir obtenu des réponses similaires de la part des banques.
Selon une enquête de l’Association nationale des PME, la NSBA, publiée lundi et réalisée en août, 67% des personnes interrogées ont dit que leur activité avait été affectée par la crise, contre 55% en février.
Version française Danielle Rouquié pour le point.fr
Avis du guide du rachat de crédit:
Comme nous l’annoncions déjà hier, il est fort probable que l’aide fournie par le gouvernement US à sa propre économie ne soit pas suffisante pour endiguer tous les problèmes des américains.
Malheureusement, les temps vont rester durs là-bas, et ici aussi très certainement….
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